G. C*** Au juge Martin, Le Pecq, le 1er Novembre 1944

Source : A.N. Z 6NL 9

Affaire Louis Renault

Monsieur le Juge,

Ancien Ingénieur de M. Louis Renault, appelé du front de 1914 pour réorganiser son usine, je m’occupais, en plus de mon travail des œuvres sociales dont je devins le Vice-Président, Président du Club Olympique des Usines Renault, Président fondateur des Groupements artistiques, Administrateur-fondateur de la Coopérative pharmaceutique et médicale. Je m’occupais aussi d’autres groupements (pendant 5 ans ½).

A cause de cela et parce que M. L. Renault pensait qu’il n’y avait rien à faire avec l’ouvrier, je fus déconsidéré à ses yeux et, après 5 ans, remercié.

Entre temps, considéré comme un idéaliste, je fus peu payé malgré une grosse amélioration de rendement reconnue publiquement dans une conférence faite par M. Richet, premier collaborateur de M. L. Renault. Cependant, je fis faire une modification de fabrication de soupapes qui rapporta de 5 à 6 millions d’économies annuelles. Je n’en reçu ni un sou, ni un remerciement.

Maintenant, âgé de 64 ans, mais plus que jamais désireux de faire une grande œuvre sociale, d’éducation populaire, étant donné mon expérience et les circonstances présentes je voudrais savoir si, après explications complémentaires, une part des bénéfices de M. L. Renault pouvait être affectée à une œuvre (bénéfices résultant du commerce avec l’ennemi (…)

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