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Ordre de mission du 29 mai 1940

Source : Archives privées Renault

N° 5-A

MINISTERE DE L’ARMEMENT                                                                                                                          REPUBLIQUE FRANCAISE

CABINET DU MINISTRE                                            Paris, le 29 mai 1940

N° 609

ORDRE DE MISSION

Monsieur Louis RENAULT, est chargé aux Etats-Unis de la mission ci-après :

– Exposer aux Industriels américains la technique française de la fabrication des chars, notamment des chars lourds B1 Bis et des chars moyens SOMUA.

  1. RENAULT devra attirer l’attention des Industriels américains sur la nécessité d’obtenir très rapidement les premières séries, et par conséquent, contrairement à leurs habitudes, de lancer leurs fabrications même si l’outillage n’était pas réalisé dans ses moindres détails.
  2. RENAULT n’aura à intervenir que du point de vue préparation technique et fabrication, la réalisation des marchés incombant aux représentants du Ministère de l’Armement, qui sont déjà aux Etats-Unis.

 

Discours de Louis Renault à l’occasion de son élévation à la dignité de Grand’Croix de la Légion d’Honneur, 14 mai 1936

Source : Archives Privées Renault

Messieurs,

Mes amis,

Mes ingénieurs,

Il faut d’abord que je vous dise combien je suis ému de toutes les paroles que vous avez su me dire ; vous m’avez émotionné de toutes les façons, en rappelant d’abord ma carrière, le passé et en parlant de l’avenir. Et puis, en parlant aussi de mon tempérament de lutteur.

Evidemment, c’était le beau temps, l’époque où dans les affaires n’existait aucune difficulté tout au moins connue par moi. Je vivais simplement pour rechercher et je vivais cet esprit sportif dont vous m’avez parlé. Eh bien, je m’aperçois, maintenant, que ne pouvant jamais arriver à lire un discours, ou à avoir – cela vous paraîtra peut-être assez drôle, beaucoup de suite dans les idées – j’ai commencé ce discours sans penser d’abord à vous remercier.

Il y a déjà 3 ou 4 ans, dans des circonstances analogues, vous avez bien voulu me donner un magnifique buste de Houdon que, chaque jour, j’ai le plaisir de contempler et qui bien souvent me fait revivre la journée où vous êtes venus autour de moi comme aujourd’hui.

Comment vous remercier de m’avoir offert ce magnifique paravent, trop magnifique évidemment. Je crois que j’aime le beau, et malgré son ancienneté, il est, en réalité, très moderne. Alors permettez-moi de vous dire combien je suis touché et combien vous m’avez fait plaisir, combien chaque jour j’aurai de plaisir à le contempler en pensant à vous tous.

Aujourd’hui, évidemment, nous nous trouvons dans une période obscure, non seulement pour notre industrie, et par conséquent pour vous tous, Messieurs, mais également l’horizon est sombre, et je crois que c’est une raison d’avoir encore plus de confiance dans l’avenir.

Vous avez su, en vous attachant à notre Marque, nous défendre.

Mais je m’aperçois encore que j’ai oublié de vous dire une des pensées que je vis le plus journellement. Vous avez parlé de mon œuvre, ce n’est pas mon œuvre, c’est l’œuvre de tous. Comme vous l’avez dit tout à l’heure, on ne peut pas faire quelque chose tout seul. Si j’ai fait cette première petite voiture, c’est grâce à mes premiers collaborateurs, car nous l’avons faite ensemble, à Richet, que vous connaissez, à Serre, à bien d’autres ; ils seraient trop nombreux si je devais les énumérer tous. Nous aurions d’abord tous les collaborateurs de l’usine, et ensuite tous les ouvriers, car sans eux, nous ne pourrions rien. Mais il y a vous également car c’est vous qui avez semé la Marque dans tout notre pays, dans tout ce beau pays de France, qui était si propice au développement de l’automobile, puisque je crois que c’est le pays du monde qui, autrefois, avait le plus beau réseau routier.

Eh bien, Messieurs, vous avez tous eu confiance en nous, en l’automobile et inversement. Il faut continuer car l’automobile est un complément indispensable de la vie moderne, cette vie intensive, cette vie où le progrès de la production est tellement grand que celle-ci dépasse les besoins.

Beaucoup évidemment craignent que dans quelques années la situation devienne très difficile à cause du chômage ; non, ne craignez rien, car l’abondance des biens ne nuit pas. De plus, incontestablement, grâce à une meilleure répartition du travail qui se fera sûrement dans le temps – qui a déjà commencé à se faire, vous ne vous en rendez peut-être pas assez compte – les heures du travail diminueront, les loisirs augmenteront et l’équilibre se fera.

Je me souviens, à ce point de vue, de l’époque où tous les ouvriers faisaient 13 heures ; de plus, ils travaillaient souvent le dimanche matin, et malgré cela, la production n’arrivait pas à satisfaire à la demande.

Croyez-vous que ce n’était pas le plus gros progrès qu’allait apporter la civilisation nouvelle, celui de permettre à tous les hommes de pouvoir vivre en ayant des loisirs.

Evidemment, dans toute chose nouvelle, on oublie quelque chose, on a oublié de se préoccuper de l’occupation des loisirs ; c’est peut-être de cela que vient cet état de souffrance, cette situation pénible, cette présence de chômeurs dans le monde.

L’occupation des loisirs peut se concevoir avec des cités-jardins, loin des villes, dans lesquelles chacun peut avoir son jardin, vivre au grand air, s’y reposer pendant les journées où il n’aura pas besoin de travailler. On ne comprend pas pourquoi nous sommes si en retard en France alors que dans d’autres pays, on s’est rendu compte de la nécessité de ces groupements de maisons…

Eh bien, Messieurs, vous avez ce grand avantage d’habiter dans ce beau pays de France. Dans les campagnes, la question ne se pose pas car il y a de l’air, mais il faudrait que cette préoccupation gagne petit à petit toute la masse pour créer cet immense édifice qu’il s’agit de créer et il y a là, certainement, une grande possibilité d’occuper les chômeurs.

Je vous parle de cela parce que c’est une question extrêmement grave. Bientôt on arrivera certainement à avoir une ou deux journées de repos ; mais il faut que ce repos puisse être agréable à vivre, et il ne peut pas être vécu agréablement par les ouvriers dans les appartements, dans les villes.

C’est là où nous allons nous retrouver, c’est là où va se développer le sport, où le désir de vaincre se développera parmi la jeunesse, ce qui lui donnera l’enthousiasme qu’il faut avoir pour vivre heureux.

Faites tout ce que vous pourrez pour que les Français ne perdent pas courage, et au contraire se rendent compte plus encore qu’ils sont peut-être, ou presque certainement, les plus heureux du monde.

Faites quelque chose, faites qu’on ne s’occupe pas…. (passage sans doute inaudible pour le transcripteur, ndr). Il n’y a qu’une chose qui compte dans la vie, c’est la réalisation de quelque chose et non sa destruction. Et tous ces hommes qui se combattent sans raison, sans même savoir pourquoi, découragent et démoralisent un pays. Ayez du courage, de la confiance et souvenez-vous que la France a toujours été une des nations calmes qui a conduit le monde. Aujourd’hui encore, si elle joue son rôle, elle doit pouvoir imposer la paix à l’Europe.

Il ne faut pas revivre 1914 ; un 1914 qui serait plus épouvantable encore, car avec les progrès dont nous avons parlé tout à l’heure, la destruction humaine serait plus grande. Alors pour une lutte de partis, pour une lutte entre pays, allons-nous recommencer ?… Je crois qu’il faut que nous n’ayons pas peur de dire, il ne faut pas de guerre et il ne faut pas que nous puissions croire qu’elle est inévitable.

Alors, je vais revenir aux loisirs, l’automobile est vraiment l’un des instruments, un des outils les plus capables de rendre les loisirs agréables. C’est la liberté de parcourir l’espace, la possibilité de connaître son pays et même au-delà. Je voudrais qu’au lieu de décourager les êtres on leur dise « continuez à travailler, afin que tous les ouvriers aient leur voiture ». Cela va vous paraître peut-être intéressé, vraiment non, je n’ai pas peur de le dire, car je sais que c’est le désir à tous.

C’est encore à vous qu’il appartiendra de semer, de classer, d’entretenir tous ces véhicules, et de le faire dans les meilleures conditions, de façon que l’automobile soit à la portée de plus de personnes.

Je vais terminer et vous dire combien, Monsieur Gonthier, j’ai été touché de tout ce que vous avez dit pour moi, et vous, Monsieur Molle, qui m’avez dit des paroles si touchantes, je vous avoue que je suis très ému. Merci.

Je vais vous remercier d’être venus si nombreux autour de moi, pour fêter ce grand honneur qui m’a été fait. Je suis heureux que vous soyez venus si nombreux parce que je suis heureux de pouvoir vous dire qu’il n’est pas seulement à moi, cet honneur, mais qu’il est à nous tous. J’aurais voulu pouvoir le dire à tous les ouvriers en même temps.

Je bois à notre prospérité, à la confiance dont je désirerais vous voir tous animés, ayant foi en notre Pays, en nous-mêmes… et tâchons de créer le bien-être autour de nous.

14 mai 1936

Un site dédié à Louis Renault

prime_louis_renault_1939_4Cet espace a pour objectif de mieux faire connaître la vie et l’oeuvre du constructeur Louis Renault (1877-1944) à travers la présentation d’ouvrages, d’articles, de photographies, de films et d’archives. La biographie de Louis Renault nous entraîne dans l’une des plus grandes aventures industrielle et humaine du XXème siècle. Ce sont bien entendu les premiers pas de l’automobile, les courses de vitesse épiques des années 1900, l’introduction du taylorisme et des méthodes de production modernes, ce sont aussi le début de l’aviation et de l’industrie aéronautique, bientôt l’Aéropostale, puis l’épopée de Caudron-Renault avec ses pilotes de légende ; ce sont encore la Grande Guerre, le travail dangereux et harassant des munitionnettes, les grèves et les réformes sociales, les premiers tanks produits en masse et les célèbres taxis de la Marne. Déjà, Renault, dont le petit char de la Victoire défile sur les Champs-Elysées, s’identifie au destin de la Nation. Renault, ce sera en 1934, l’Automobile de France, une ville dans la Ville, 30 000 ouvriers, une superficie égale à celle de Chartres, des usines où l’on produit de tout, des automobiles, des automotrices, des avions, du matériel de guerre. Mais à peine Renault a-t-il surmonté la grande crise, que de nouvelles menaces s’amoncellent sur l’Europe avec la montée des fascismes et la radicalisation des extrêmes. Le constructeur doit s’adapter aux réformes du Front Populaire, relever le défi de la Défense nationale avant de subir l’Occupation allemande. C’est dire à quel point l’action de Louis Renault a suivi les bouleversements de la première moitié du XXème siècle.

L’oeuvre de Renault est aussi, et avant tout, une oeuvre collective, ainsi que le fondateur de l’entreprise aimait lui-même le rappeler lorsqu’il était honoré à titre individuel. L’étonnante aventure de Renault fut rendue possible, grâce au génie de l’industriel bien sûr, mais aussi au travail de ses ouvriers, de ses ingénieurs et de ses employés. Malgré les heurts sociaux qui ont jalonné l’histoire de l’entreprise, une véritable esprit d’équipe a existé au sein de ce qu’on appelait la « Maison » Renault.

L’ampleur et la complexité de cette oeuvre rendent humble c’est pourquoi ce site ne prétend pas à l’exhaustivité. S’il peut poser des jalons pour la recherche et détruire au passage certaines idées reçues, il aura atteint son but.

Chacun peut y contribuer en proposant des sujets de publication, suivant sa spécialité et ses connaissances, ou en participant au courrier des lecteurs.

La plupart des documents antérieurs à 1945 correspondent aux recherches que j’ai effectuées dans différents fonds d’archives (Archives Nationales, Archives de la Préfecture de Police, Archives du Parti Communiste, fonds du Service Historique de la Défense, Société d’Histoire du Groupe Renault, Archives Privées Renault, archives étrangères… Elles sont désormais en consultation libre ; je prie seulement les lecteurs d’avoir la courtoisie de mentionner l’auteur des recherches ainsi que la cote des documents qu’il souhaitera utiliser.

Laurent Dingli

Entretien Renault-Hitler du 21 février 1935

Source : Bundesarchiv R43 II 1439

Présentation du document

Louis Renault et Adolf Hitler en 1935

Louis Renault et Adolf Hitler en 1935

A la fin des années 1990, après de minutieuses recherches dans les archives allemandes, le professeur Patrick Fridenson a retrouvé la trace du compte-rendu de l’entretien entre Louis Renault et Adolf Hitler daté du jeudi 21 février 1935 (1). Proposée par l’ambassadeur de France à Berlin, André François-Poncet, la rencontre eut lieu à la Chancellerie du Reich et dura sans doute deux heures. Nous publions ici le texte original en allemand et la traduction que nous devons à l’amabilité de Jacky Robert Ehrhardt.

C’est la seule fois que l’industriel eut une longue discussion avec le chancelier du Reich. Les deux autres rencontres ne durèrent en effet que quelques minutes, Hitler effectuant une visite protocolaire du stand Renault à l’occasion des salons de l’automobile de Berlin de février 1938 et février 1939.

Il faut retracer brièvement le contexte de cette première entrevue. La pensée de Louis Renault n’a alors rien de très original. En se fondant sur le précédent de la Grande Guerre, il est convaincu que les rivalités économiques et le jeu des alliances sont les causes principales des conflits. En tant qu’industriel, il pense pouvoir influer sur les premières, en dissipant la défiance et les « malentendus » qui séparent la France et l’Allemagne. Les espoirs de Louis Renault coïncident alors avec les grandes orientations diplomatiques des démocraties européennes. Dix-huit jours seulement avant la rencontre Renault-Hitler, le 3 février 1935, la France et l’Angleterre soumettaient au chancelier du Reich un nouveau plan comportant « un pacte oriental de non-agression et d’assistance mutuelle » auquel devaient participer la Pologne, les Etats baltes, l’URSS, la Tchécoslovaquie, la France et l’Allemagne.

Dans l’analyse qu’il a faite de ce texte, Patrick Fridenson a commis deux contresens. Le premier en affirmant que Louis Renault aurait nourri une hostilité à l’égard des Anglo-saxons depuis la crise mondiale. J’ai montré au contraire que le désir de soutenir la concurrence américaine (le terme d’ « hostilité » est ici tout à fait inapproprié) remontait à la fin de la Première guerre mondiale et avait été maintes fois affirmé tout au long des années vingt (2). Quant à l’Angleterre, les critiques de Louis Renault s’appliquaient à la diplomatie britannique qui ne manquait pas d’ambigüités, notamment en matière de désarmement (3). Mais lors de l’entretien à la chancellerie, il n’évoque que le problème des exportations automobiles, sans jamais traiter des questions diplomatiques. Il avoue d’ailleurs ne pas s’intéresser à la politique. Le deuxième contresens est dû, non pas à un manque de recherches du professeur Patrick Fridenson, mais à une documentation lacunaire, les archives privées n’étant pas encore accessibles à cette date : Louis Renault aurait été partisan d’une Europe dominée par le couple franco-allemand. Or les nombreux textes que j’ai publiés l’année suivante indiquent qu’il souhaitait une Europe égalitaire, ouverte à tous, sans aucune référence politique et religieuse, une fédération dans laquelle l’URSS de Staline aurait la même place que l’Allemagne de Hitler. La fédération économique des pays d’Europe, écrit-il le 21 mars 1936, doit être « faite en dehors de toute idée de nation ; dans un but purement humanitaire et social ; que tous les partis y adhèrent sans esprit de lutte, de passion politique ou religieuse » (4). Encore une fois, l’objectif de Louis Renault n’est pas de privilégier un pays sur un autre, mais d’éviter une nouvelle guerre. Il faut donc se méfier du déterminisme qui voudrait expliquer l’attitude présumée de l’industriel pendant l’Occupation par des pensées qui ne furent pas les siennes dans les années trente. Rappelons enfin qu’au début de 1935, Hitler n’est pas perçu comme le grand criminel que l’Europe découvrira quelques années plus tard avec effroi. Beaucoup de dirigeants européens, comme Léon Blum en 1936, étaient convaincus que le chancelier allemand voulait sincèrement la paix, ce qui nous paraît bien entendu ahurissant avec le recul du temps. Mais en février 1935, l’Allemagne n’a pas encore (ouvertement) réarmé. Le plébiscite du 13 janvier sur la Sarre semble indiquer que les voies de la négociation et de l’autodétermination l’emportent sur le recours à la force. Louis Renault profita toutefois de son séjour à Berlin pour faire espionner les fabrications militaires du Reich (en matière d’aéronautique et de fabrication d’obus), transmettant aussitôt les informations recueillies aux services compétents de la Défense nationale (5).

(1) P. Fridenson, « Première rencontre de Louis Renault avec Hitler », Renault Histoire n°11, juin 1999, pp. 8-18.

(2) Voir les notes 42 et 47 de ma Réponse à l’historienne Annie Lacroix-Riz… (cliquer sur l’intitulé pour lire l’article)

(3) L. Dingli, Louis Renault, Paris, 2000, p. 295.

(4) Note de Louis Renault du 21 mars 1936. APR. (Cliquer su l’intitulé pour lire l’archive)

(5) V. Denain à Louis Renault, 12 mars 1935. AR 91AQ 30 et Etude sur la fabrication des obus, 1935. APR.

Louis Renault, l’un des artisans de la Victoire de 1918

Source: Renault Histoire

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Plaque offerte à Louis Renault par le personnel des usines pour célébrer sa nomination au grade d’officier de la Légion d’Honneur, le 6 septembre 1918. Sous l’égide de la République casquée, le char Renault écrase l’aigle allemand, tandis que s’élève un avion Renault et que le célèbre canon GPF accompagne les Poilus partant à la bataille © APR Droits réservés.

Louis Renault fut, dit-on, le seul civil à être élevé au grade d’officier de la Légion d’Honneur pendant la guerre 1914-1918 en raison des services rendus à la Nation. Si les premiers artisans de la Victoire furent les combattants, morts sur le Front, l’industriel et son personnel, employés et ouvriers, y contribuèrent de manière déterminante ; le premier en étant un animateur d’exception qui sut, avec d’autres constructeurs, étudier et fournir les armes dont la France avait besoin. Les seconds, surtout les ouvriers, souvent injustement dénigrés comme des « embusqués », accomplirent un effort sans précédent, jusqu’à l’épuisement et dans des conditions particulièrement dangereuses. Il ne faut pas oublier non plus le rôle majeur joué par le colonel, puis général Estienne, le père du char d’assaut, soutenu dans cette tâche par le général Philippe Pétain, Louis Renault et ses proches collaborateurs, tels Charles-Edmond Serre ayant imposé l’idée d’un char léger, capable d’être fabriqué en série. En fait, Renault fabriqua de tout pour l’armée française, des obus, aux camions en passant par les avions ou les canons GPF (Grande portée Filloux). Mais c’est le char léger FT-17, adopté par les Américains puis par de nombreuses armées du monde, qui resta comme le principal symbole de la victoire. Pendant la grande offensive allemande de mars 1918, Paris se trouva une nouvelle fois sous la menace des canons ennemis. Or l’utilisation massive de chars d’assaut légers contribua de manière décisive à la contre-offensive victorieuse des Alliés au cours de l’été 1918.

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Char d’assaut Renault FT 17 de la guerre 1914-1918 et wagon de l’armistice Paris, hôtel des Invalides © LL / Roger-Viollet/Paris en Images

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Fête de la Victoire – Les chars Renault défilant le 14 juillet 1919 à Paris. ND-101732 © LL / Roger-Viollet/Paris en Images

Les Allemands ne s’y trompèrent pas. Le 2 octobre 1918, le commandant suprême des armées allemandes déclara à la tribune du Reichstag: « Il n’y a plus aucune possibilité de vaincre l’ennemi, et le premier facteur ayant déterminé ce résultat, c’est le char d’assaut ». L’année suivante, Ludendorff confia à un journaliste suédois: « Les Français ont eu cette rare fortune de trouver un grand général ; ce général s’appelait Louis Renault ».