Pierre Lefaucheux au baron Petiet, le 8 juin 1951

Source : Archives de la CSCA, document aimablement communiqué par M. Christian Mory

REGIE NATIONALE DES USINES                                                                Monsieur le Baron Petiet

RENAULT                                                                                                     Président de la Chambre

BILLANCOURT (Seine)                                                                                Syndicale de l’Automobile

Le 8 Juin 1951                                                                                                        2, rue de Presbourg

LE PRESIDENT DIRECTEUR GENERAL                                                                                   PARIS

Mon cher Président,

Depuis que la Régie Renault a démissionné de la Chambre Syndicale, vous m’avez fait valoir à plusieurs reprises les inconvénients qui pouvaient résulter de la situation ainsi créée, aussi bien pour la Régie Renault, que pour l’ensemble de la profession, et vous avez amicalement insisté auprès de moi pour que notre entreprise reprenne sa place au sein de la Chambre Syndicale.

Lorsque je vous avais répondu que ces inconvénients ne m’avaient pas échappé, mais que les incidents qui avaient provoqué ma démission m’avaient semblé correspondre à l’expression d’un sentiment d’hostilité éprouvé par certains membres de la Chambre Syndicale contre notre entreprise nationalisée, vous m’avez indiqué qu’il n’en était rien à votre avis, et que je pouvais compter sur une collaboration confiante avec tous nos collègues. Quelle n’a donc pas été ma surprise en lisant dans la presse anglaise la reproduction d’une communication faite par M. Paul PANHARD, Vice Président de la Chambre Syndicale, à des journalistes anglais lors d’une récente visite à Londres. M. PANHARD n’a pas hésité, en effet, à déclarer que « la dénationalisation des Usines Renault lui paraissait comme probable ».

Je n’ai certes pas l’intention d’ouvrir une polémique sur les chances qu’a M. PANHARD de voir se réaliser l’espoir ainsi manifesté par lui, mais je tiens à vous marquer que de semblables écarts de langages ne sont certainement pas de nature à me faire modifier la position que j’ai adoptée en Octobre dernier.

Veuillez agréer, Mon cher Président, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

P. Lefaucheux

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