Omnia, juin 1936

D’un discours de Louis Renault

Lors du banquet où ses amis et agents fêtèrent à Billancourt son élévation à la dignité de grand-croix dans l’ordre de la Légion d’honneur :

« Nous nous retrouvons dans une période obscure, a-t-il dit. L’horizon est sombre. Raison de plus pour avoir confiance en l’avenir, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

« Vous avez parlé de mon œuvre ; ce n’est pas la mienne, elle est celle de tous ; si j’ai fait une première voiture, c’est grâce à mes collaborateurs.

« On semble craindre une situation difficile dans l’avenir à cause du chômage. Non, ne craignez rien. Il faut arriver à une meilleure règlementation du travail, les heures de travail diminueront, les loisirs augmenteront.

« A ce sujet, on a oublié de se préoccuper des heures de loisir ; on ne peut les concevoir que loin des villes ; le repos ne peut pas être vécu dans les appartements, et c’est par lui que le sport se développera. Il faut que l’automobile soit à la portée de plus de personnes.

« Il faut faire en sorte que les Français ne perdent pas courage ; ils sont les plus heureux du monde.

« Il faut écarter les passions politiques stériles qui démoralisent le pays. Ayez courage. Soyez confiants. La France est une nation qui a conduit le monde ; elle doit pouvoir imposer la paix à l’Europe. »

M. Renault touche à la fin de son allocution :

« Je veux encore vous remercier, mais il n’est pas à moi, cet honneur, il est à nous tous. Aussi, j’aurais voulu le dire à tous nos ouvriers en même temps ».

Il conclut :

« Tous, nous ne devons avoir qu’un objectif : créer le bien-être dans notre entourage ».

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